Témoignage de Katia : Je suis au plus mal

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J’ai eu affaire à la boulimie au cours de mon adolescence. C’est ma scolarité qui m’a poussée vers la boulimie et les TCA.

Après être partie faire mes études dans un établissement loin de mon domicile, j’ai rencontré des difficultés dans ma scolarité. Le stress provoqué par cette situation m’a perturbé.

Je vivais dans un appartement seule, mais j’avais beaucoup d’amis. Nous aimions nous retrouver tous ensemble chez des amis et faire la fête régulièrement.

Petit à petit, je me suis sentie mal, j’avais l’impression de me détacher de tout ce qui m’entourait.

Je n’arrivais plus à communiquer normalement avec eux et sombrais sans m’en rendre compte doucement dans la dépression. J’ai commencé à avoir des crises de boulimie. Au début, je ne trouvais pas ça étrange. Je rentrais à mon appartement et je mangeais un peu de tout pour me faire plaisir. Puis c’est devenu très fort, au moment des soirées entre amis. J’avais soudainement une envie irrésistible de rentrer chez moi pour sauter dans mon frigo.

En fait, je compensais à ma manière toute l’angoisse que j’avais accumulée dans cette soirée, confrontée à des personnes que j’appelais normales. Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait, je réagissais instinctivement, c’est tout !

Alors, j’ai totalement perdu le contrôle de moi, je ne pouvais plus m’arrêter. Je ne disais rien à personne et je m’enfonçais un peu plus à chaque crise qui devenait de plus en plus régulière. J’ai, après un long moment, plusieurs mois, fini par ne plus aller à l’IUT et rester cloîtrée chez mes amis, toute la journée à attendre que les journées passent et à faire la fête avec eux le soir venu. Ils ne se rendaient pas compte de ce qui m’arrivais. Mes parents se sont rendu compte au bout de deux mois que je n’allais plus à mes cours. Ils m’ont obligé à rentrer à la maison. Je suis restée trois mois à la maison, puis j’ai décidé de retourner faire mes études mais en changeant d’orientation. J’ai été acceptée. J’ai repris les cours et je me sentais mieux dans cette branche.

Mais je n’étais pas guérie.

Ma mère a compris que j’étais en train de faire une dépression. Elle était elle-même passée par là quand j’étais petite, mais seulement pendant deux mois. J’ai donc compris que je souffrais d’une maladie. La boulimie liée à ma scolarité m’aidait à supporter mes angoisses mais je tombais dans un cercle vicieux car les crises me rendaient coupable et je me sentais rabaissée, à chaque fois un peu plus. Je me regardais quelques fois dans la glace après avoir vomi. Mes yeux étaient gonflés par cette épreuve et je ne me reconnaissais plus. Je me disais : comment en es-tu arrivée là ? Je ne savais plus comment faire marche arrière. Malgré tous ces tourments, j’ai obtenue mes examens et je suis rentrée chez mes parents à la recherche d’un travail.

Entre temps, j’avais totalement coupé les ponts avec mes amis car ils ne comprenaient pas mon problème. Alors, ils ont fini par me mettre un peu à l’écart et je ne l’ai pas supporté, je me suis totalement isolée. Au retour chez mes parents, je ne connaissais plus personne dans ma ville.

J’ai rencontré une ancienne amie qui m’a présenté à ses copains. Je croyais que ça allais mieux, en fait, rien avait changé. Quand mes parents s’absentaient, même une heure je retournais dans le frigo, fouillais dans les placards et dévorais avant d’aller aux toilettes.

Un jour, j’ai dis stop. Je crois que j’avais touché le fond. J’avais déjà essayé les traitements médicamenteux contre la dépression mais je ne les ai jamais terminés. Je suis allée voir ma mère et je lui ai dit : “ça ne va pas du tout, je suis complètement perdue, je ne sais plus quoi faire, j’ai l’impression de devenir folle, je ne tiendrais plus longtemps je suis à bout.” Fatiguée de tous ces mensonges, crises et tourments dans ma tête. Elle m’a répondu : “Je croyais que ça allais mieux”

J’ai dit : “Je t’ai menti, je suis au plus mal.”

Elle m’a réconforté et m’a dit qu’il fallait que cette fois-ci je l’écoute et que je me fasse soigner. J’ai dis oui !

Je suis allée voir mon médecin traitant, il m’a envoyé directement voir un psychiatre qui serait le seul apte à me conseiller et à m’aider. Quel soulagement.

Je suis allée voir ce docteur, nous avons discuté de tout ce que j’avais vécu et il m’a dit que j’avais eu beaucoup de courage et que j’avais fait le bon choix. Il m’a suivie psychologiquement pendant 6 mois, il m’avait donné en parallèle un traitement pour ma dépression. Cela n’a pas était facile mais j’ai remonté le courant. Ma boulimie a disparu progressivement, en même temps que mes angoisses.

Je peux affirmer aujourd’hui que je suis guérie. En tout j’ai été dépressive 3 ans 1/2 et boulimique presque autant. Je suis sortie de l’enfer car ça ne m’était plus supportable. C’est la peur de faire une bêtise qui m’a donné le courage d’en parler et de me battre. Cela fait 2 ans que je suis guérie et je viens d’avoir une jolie petite fille qui s’appelle Élisa. Je suis heureuse de vivre et j’ai des projets plein la tête.

J’espère que mon témoignage vous donnera la force de vous battre. Car la vie ce n’est pas cela, la vie c’est génial quand on s’est battu et qu’on est libéré.

Bon courage à tous et à toutes, on a tous la force en nous. Il faut croire en soi, une fois la bataille commencée, la sortie n’est pas loin. Il faudra un peu de temps et de persévérance et surtout un bon soutien psychologique.

Amicalement

Katia

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