Témoignage de Noelline : Ceci est un message d’espoir face aux TCA

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Hello tout le monde ! Ceci est un MESSAGE D’ESPOIR face aux TCA, que j’ai à cœur de partager aujourd’hui à travers mon histoire.

Au moment de l’adolescence, j’ai perdu le goût de la vie. Je pense que c’était déjà latent par rapport à l’abandon puis un trauma vécu pendant la petite enfance mais cela s’est vraiment manifesté concrètement vers 14 ans.

Perte de sens, questions identitaires, culpabilité excessive, mal-être profond, etc… J’avais tellement voulu coller à une image qui n’était pas la mienne, contrainte à porter des masques que j’avais perdu ma boussole intérieure. Je m’étais perdue.

Petit à petit, les troubles alimentaires se sont installés insidieusement. Je vivais encore chez mes parents.

Manger était devenue une corvée, une perte de temps, une souffrance.

Adolescente, j’ai passé des repas de famille à manger un bol de Special K au déjeuner, des sortes de cornflakes allégés, bourrés de sucre, insipides, avec un peu de lait écrémé, pendant que les autres mangeaient leur repas. Et surtout il ne fallait pas me contrarier.

Je n’aimais pas mon corps qui changeait, qui prenait des formes, se transformait.

Je me trouvais grosse, petite, même si ce n’était pas le cas. À un moment, j’ai même pensé que ma peau était trop foncée, sans même avoir subi de racisme. Je raidissais mes cheveux bouclés, je détestais mes pieds… Bref, je cherchais à être une autre mais surtout pas moi-même. Et mes TCA émergeants étaient mon espoir d’y arriver.

Je trouvais de multiples raisons pour ne pas m’aimer, voire me détester.

Je ne comprenais même pas pourquoi mon petit ami de l’époque m’aimait autant. A vrai dire, je me disais qu’il devait être sacrément désespéré.

Puis, un peu plus tard, il m’arrivait de faire du sport en salle à outrance et de manger ces foutues barres de substitution à moindres calories. Je marchais des kilomètres et des kilomètres pour faire de l’exercice et éliminer les calories.

Le genre de truc qui te fait vriller physiquement et psychologiquement. Heureusement, je pense que j’avais quand même une bonne génétique car je trouvais l’énergie nécessaire pour que mon quotidien ne soit pas perturbé.

Je suis devenue prisonnière de mes propres démons, sèche, rigide, contrôlante, irascible, impulsive.

La bouffe était obsessionnelle, je devais absolument ne pas dépasser un certain poids, un certain nombre de calorie. J’ai avalé je ne sais combien de capsules de L-carnitine !! 😱

Autant dire : l’enfer sur terre !

J’avais trouvé comment me flinguer la vie. Sauf que ça a pris du temps.

Paris, Grenoble, les allers-retours.

Les mauvaises fréquentations, les prises de risques cumulées et le goût du danger.

J’ai vécu des traumas et des situations qui n’ont rien arrangé. La frustration, la colère, le désespoir, la solitude subie, la tristesse, tout cela mélangé.

Une dépression et des pensées suicidaires vers 21 ans. Heureusement plus ou moins canalisées par la peinture (jour et nuit). Après 2 Xanax qui m’ont laissé anesthésiée sur le canapé, j’ai repeint les chiottes en noir avec des traces rouges sur les murs telles le sang de mes veines qui coulait. Une petite mort qui m’a fait ressusciter.

Je me suis dit “plus jamais”, fini les médocs, même si je savais que je n’étais pas au bout de mes peines.

Il y a eu des ajustements dans ma vie.

J’ai déménagé plusieurs fois. D’abord à Aix en Provence, où j’ai repris mon souffle, puis Bordeaux avec mon nouveau compagnon. Comme un nouveau départ.

Il était parti en voyage pendant 6 mois car c’était prévu de longue date. Et devines quoi, il partait en Inde ! Mon pays d’origine pour lequel je n’avais aucun attrait à ce moment-là.

Cette foutue Inde, encore, qui m’enlevait mon mec pour 6 putain de mois. J’ai cru que c’était une année tellement cela m’a parut une éternité. À l’époque, pas de réseau sociaux, il m’envoyait des lettres par courrier mais je n’arrivais pas à rassurer mon enfant intérieur blessé qui se sentait une nouvelle fois abandonné.

Là, j’ai voulu combler cet immense vide intérieur, ce gouffre noir. Alors je suis devenue boulimique. Je n’aurais jamais imaginé pouvoir avaler des kilos de biscuits, de nourriture à la fois. Tout ce que je ne m’étais pas autorisé à manger. Je me gavais comme une oie, prête à éclater. C’était effrayant !!

Tout était pensé, je buvais de l’eau et je mâchais bien pour pouvoir vomir entièrement ce que j’avais ingurgité. Mes TCA prenaient une place folle dans ma vie et ne me laissaient que peu d’espoir d’en sortir.

Ça a continué même après qu’il soit rentré car l’engrenage était lancé.

Évidemment, je m’arrangeais pour faire ça pendant que j’étais seule, pour ne pas être vue. Et personne ne l’a vu, sauf mon compagnon de l’époque qui se doutait et m’a suggéré du bout des lèvres de me faire aider. Je suis allée voir une clinique mais je ne voulais pas admettre que j’étais malade, souffrante.

Finalement il m’a convaincue de le rejoindre en Inde lors d’un de ses voyages professionnels. Et là, j’ai commencé à retrouver le chemin vers moi-même. Le début d’un long périple.

Notre couple battait de l’aile depuis un moment déjà. J’étais seule submergée par mes démons et ma souffrance. Au retour, nous avons essayé mais le coche était passé alors il m’a quitté à contre coeur mais ne m’a pas laissé tomber.

J’ai appris la différence.

Au final, j’étais soulagée car je n’avais plus le poids de la culpabilité à porter.

Nous avons rendu l’appart, déménagé nos affaires chez nos parents respectifs qui hallucinaient. Nous nous sommes rejoints à l’aéroport de Lyon. Il m’a accompagné en Inde et là nous nous sommes vraiment quittés.

J’ai exploré un moment, j’oscillais entre découverte et perte de moi-même. J’avançais et parfois je reculais. Je découvrais une culture qui m’étais étrangère et pourtant je ressentais des choses dans ma chair.

Les émotions balançaient, fluctuaient, me saisissaient. Je passais d’une effusion de joie à une douleur viscérale qui me terrassait. J’ai pas mal pleuré aussi, comme pour me laver. J’ai vécu des situations improbables, je me suis parfois laissée aller dans la fête, l’alcool, la drogue, comme une exploratrice des limites mais sans me perdre complètement. Je me sentais vivante et je me suis ouverte à plus de légèreté aussi.

De belles rencontres m’ont accompagnées, et puis lors d’un voyage professionnel à Paris, j’ai rencontré un homme avec qui tout s’est accéléré.

Quelques mois plus tard il venait vivre chez moi à New-Delhi. Je suis tombée enceinte et c’est ainsi que j’ai commencé le sevrage de ces troubles alimentaires car je n’avais plus du tout envie de me retrouver prostrée au dessus de la cuvette des chiottes à gerber mes tripes.

Plus envie de sentir l’acidité des reflux me brûler la gorge. Plus envie de me sentir fatiguée de vivre, moi qui portais la vie à ce moment-là. Écœurée d’être écœurée !

D’un coup, cela c’est arrêté. Je n’ai d’ailleurs jamais vomis enceinte. Pleine d’espoir, cela m’a aidée à me détacher des TCA.

Et puis j’ai fait une fausse couche à 2 mois 1/2, comme si ce fœtus n’était venu que pour me sauver, moi qui avait longtemps cru avoir tué ma mère en naissant. Moi qui avais le mal de vivre, le mal au coeur en permanence.

La vie est ironique. Je ne vous le fais pas dire.

Et le plus fort, c’est que ça, je viens de prendre conscience en écrivant ces mots que je dépose ici.

Séquence émotion.

Petit à petit la vie a repris en moi, même s’il m’a fallu encore plusieurs années pour me désencombrer, accepter de manger même du bon gras sans culpabiliser ou psychoter. Mes TCA commençaient à me laisser un peu d’espoir.

L’ayurveda m’a aussi accompagné à ce retour à la vie et à une alimentation saine sans me priver.

Une bataille de plus de 10 ans que je suis fière d’avoir gagné, de m’être libérée et d’avoir retrouvée ma santé physique et psychique.

Aujourd’hui, je suis fière d’être devenue gourmande, de me délecter d’une patisserie au chocolat, une tartelette aux fraises ou même une barquette de frites, ou une pizza de temps en temps. Et croyez-moi, je les mange en conscience à chaque fois.

Cela peut paraître con mais pour moi, ça veut dire beaucoup !

C’est une victoire dont je ne me lasserai jamais et cela me remplie de joie.

J’avais à cœur de partager mon histoire car à une époque, je n’aurais jamais pensé me libérer et pourtant… J’y suis arrivée. J’espère que ce message d’espoir face aux TCA arrivera jusqu’à vous !

Alors, ne jamais dire ou penser “jamais” parce que je vous le dis : TOUT EST POSSIBLE !

Depuis plusieurs années, j’ai retrouvé le vrai goût de la vie !

Ça l’a été pour moi, ça peut l’être pour toi aussi.

Ça je le sais, vu ce que j’ai traversé.

Merci d’avoir lu jusque-là même si le message est un peu long.

Avec Amour

Noelline

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